Le réalisme en art : définition, caractéristiques, artistes | Artblr
Le réalisme
Le réalisme a voulu représenter les sujets avec fidélité, sans idéalisation. Sa définition, ses caractéristiques, ses racines philosophiques et ses grands artistes.
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Article traduit de l’anglais.
En bref
En art, le réalisme est la volonté de représenter un sujet avec fidélité, sans conventions artistiques ni éléments invraisemblables, exotiques ou surnaturels. Comme mouvement, il a rejeté le romantisme et se définit par le choix et le traitement de sujets quotidiens, comme chez Gustave Courbet, sa figure de proue.
Le réalisme est un mouvement artistique né en France au milieu du XIXe siècle. Les réalistes rejetaient le romantisme, qui dominait la littérature et l’art français depuis la fin du XVIIIe siècle. L’art réaliste est parfois appelé naturalisme ; dans le monde de l’art, il désigne la volonté générale de représenter un sujet avec fidélité, sans l’altérer, en évitant les conventions artistiques et tout autre élément.
Toutefois, les œuvres des réalistes ou des naturalistes peuvent tout aussi bien être « réalistes » plutôt qu’illusionnistes par leur sujet. Elles peuvent aussi mettre l’accent sur le banal, voire le sordide.
Henrik Ibsen est considéré comme le père du réalisme au théâtre. Dramaturge monumental, il a révolutionné le monde du théâtre. Son œuvre a joué un rôle déterminant dans l’essor du mouvement pour les droits des femmes et a même contribué à transformer les rôles jusque-là imposés par la société dans son ensemble.
Le rôle du réalisme dans la société
New York Movie, d’Edward Hopper
Image : https://www.edwardhopper.net
L’art réaliste se définit au sens large comme la perception artistique de la représentation de la réalité. En art, le réalisme est la volonté de représenter un sujet avec fidélité, sans conventions ni éléments invraisemblables, exotiques ou surnaturels qui pourraient être fabriqués artificiellement.
Les caractéristiques de l’art réaliste
Adolph Menzel – Le Souper au bal
Image : https://commons.wikimedia.org
Elles peuvent se reconnaître à la prédominance de certaines figures de style. Pour décrire la qualité de surface de la littérature réaliste, son apparence doit être perçue comme réelle ou vraie, c’est-à-dire ressemblante à la vérité, à la réalité ou aux faits connus.
On peut dire que le réalisme est la représentation précise, détaillée et exacte, en art, de l’apparence visuelle de lieux ou d’objets particuliers, c’est-à-dire réalisée avec une précision photographique.
En revanche, une technique réaliste peut servir à représenter, par exemple, des anges blancs ailés, qu’aucun artiste n’a jamais vus dans la vie réelle. Parallèlement, au XIXe siècle, les peintres du mouvement réaliste n’étaient nullement réputés pour la représentation précise et minutieuse de scènes visuelles.
Au XIXe siècle, à l’époque du célèbre Courbet, la représentation précise et minutieuse caractérisait plus souvent la peinture académique, qui représentait avec beaucoup de soin et de professionnalisme des scènes artificielles ou des scènes historiques imaginées.
Il faut noter que c’est le choix et le traitement du sujet qui définissent le réalisme comme mouvement pictural, plutôt que l’attention minutieuse portée à l’apparence visuelle. Les termes naturalisme et art naturaliste présentent la même ambiguïté, bien que l’on distingue le réaliste, qui se rapporte à l’apparence visuelle d’une scène ou d’un objet, et l’illusionniste, qui désigne le rendu concret de l’apparence visuelle d’un objet ou d’une scène.
Le réalisme illusionniste
Lutteurs
Image : http://arplastik-simoneveil.blogspot.com
La recherche d’une représentation toujours plus exacte de l’apparence visuelle des objets ou des scènes a une longue histoire dans le monde de l’art. Elle comprend des éléments comme la représentation exacte de la structure du corps humain ou même animal, la perspective, les effets de distance ainsi que les effets de lumière et de couleur.
On le constate nettement dans l’art du Paléolithique supérieur en Europe, qui a produit des représentations d’animaux remarquablement fidèles à la réalité. L’art de l’Égypte ancienne a lui aussi élaboré des conventions de stylisation et d’idéalisation qui, malgré tout, ont permis de produire des représentations très efficaces, de façon très répandue et constante.
L’art de la Grèce antique a fait d’immenses progrès dans la représentation de l’anatomie et est resté, jusqu’à aujourd’hui, un modèle influent à travers l’histoire. La plupart des œuvres originales des peintres grecs ont disparu. Mais les récits littéraires et l’ensemble des œuvres dérivées qui subsistent montrent clairement que l’illusionnisme était très apprécié en peinture.
Les récits sur la peinture grecque témoignent des aspirations d’artistes aujourd’hui considérés comme des légendes et décrivent une grande exactitude dans la forme, ainsi que dans la lumière et la couleur des sujets peints. Les peintures romaines, quant à elles, révèlent une connaissance non scientifique, mais efficace, de la façon de représenter les objets éloignés plus petits que les objets proches, et représentent des formes géométriques régulières en perspective.
Ces progrès des effets illusionnistes ne signifiaient pas pour autant que les artistes rejetaient l’idéalisme. Les statues de dieux et de héros grecs cherchaient à représenter avec exactitude des formes idéalisées et belles. Par ailleurs, d’autres œuvres comprenaient des têtes de créatures réputées pour leur laideur, qui pouvaient elles aussi s’écarter des canons de la beauté idéale.
Les portraits romains qui n’étaient pas soumis à l’influence grecque témoignent d’un plus grand souci de représenter fidèlement leurs sujets.
La philosophie du réalisme
Portrait d’Ashbury W. Lee
Image : http://reynoldahouse.org
Les artistes du monde entier l’ont perçu de différentes façons. Le réalisme à propos d’un sujet donné est la thèse selon laquelle l’objet existe réellement, indépendamment de notre schéma conceptuel. En termes philosophiques, l’objet est ontologiquement indépendant du concept que l’on a de son existence ou de la perception qu’on en a.
Le réalisme peut s’appliquer à de nombreux objets et événements philosophiques intéressants, par exemple le passé, l’avenir, les univers, les entités mathématiques, le monde physique et les pensées.
Le réalisme peut aussi être un point de vue sur la nature même de la réalité dans laquelle nous vivons. Il affirme que le monde existe indépendamment de l’esprit humain, contrairement à la position non réaliste, qui nie l’existence d’un monde réel indépendant de l’esprit. Des philosophes ont soutenu que la vérité sur toute chose réside dans la correspondance entre la représentation cognitive et la réalité.
En revanche, les réalistes ont tendance à croire que ce que nous croyons aujourd’hui n’est qu’une probabilité de la réalité véritable, mais que l’exactitude et la pleine capacité de compréhension peuvent être améliorées dans l’ensemble. Dans certains des contextes évoqués, le réalisme est opposé à l’idéalisme.
La philosophie grecque
La philosophie grecque relève principalement du réalisme platonicien, un réalisme qui reconnaît l’existence d’objets universels ou abstraits.
Les idéalismes mettent l’accent sur l’existence mentale. La théorie des Formes de Platon comprend une théorie du réalisme mathématique et du réalisme éthique.
La philosophie médiévale
Dans la philosophie médiévale, le réalisme s’est développé à partir des débats sur le problème des universaux. Le réalisme dit exagéré, opposé au conceptualisme et au nominalisme, soutient que les universaux existent de façon indépendante et, en quelque sorte, avant les choses du monde.
Le début de l’époque moderne
Le réalisme du début de l’époque moderne trouve son origine dans les idées d’éminents philosophes écossais de l’école du sens commun, Thomas Reid, Adam Ferguson et Dugald Stewart, à la fin du XVIIIe siècle. Selon eux, les questions de sens commun sont à la portée de l’entendement commun, et ces croyances de sens commun régissent la vie et la pensée même de ceux qui ont des croyances contraires au sens commun.
La philosophie moderne tardive
Dans la philosophie moderne tardive, on a défendu le réalisme métaphysique, aussi appelé réalisme autrichien. Des penseurs comme Franz Brentano, Alexius Meinong et le jeune Edmund Husserl ont tous insisté sur l’objectivité de la vérité et sur son indépendance par rapport à la nature de ceux qui la jugent.
La philosophie contemporaine
En philosophie contemporaine, les formes de réalisme comprennent notamment le réalisme structural en philosophie des sciences. Bertrand Russell, Ludwig Wittgenstein et Gustav Bergmann ont proposé le réalisme métaphysique. Par la suite, Hilary Putnam, qui avait d’abord défendu le réalisme métaphysique, a adopté une forme d’antiréalisme qu’il a appelée réalisme interne. Le réalisme conceptualiste est une forme de réalisme selon laquelle notre cadre conceptuel reflète la réalité dans laquelle nous vivons.
La philosophie néoréaliste
En opposition à l’idéalisme, ainsi qu’à l’intuitionnisme et au pragmatisme, un mouvement réaliste est né en Amérique et en Angleterre. Les néoréalistes ont rejeté comme faux le principe idéaliste selon lequel la conscience constitue la réalité. La réalité est, de par sa nature même, extramentale et sans lien avec aucun sujet. Les penseurs néoréalistes considèrent que la réalité est constituée d’une pluralité d’entités simples et immuables. Ces entités peuvent entretenir des relations entre elles, et toute relation est une réalité supplémentaire qui ne modifie pas les entités qui se trouvent en contact.
Par exemple, un homme reste le même même s’il devient oncle ; c’est ce qu’on appelle l’extériorité des relations.
La connaissance n’est rien d’autre qu’une relation externe, et sa nature consiste à rendre un objet présent à un sujet. Là encore, l’objet comme le sujet restent ce qu’ils sont.
Les principaux néoréalistes qui ont développé cette philosophie sont Alfred North Whitehead, Bertrand Russell et George Santayana.
Les artistes réalistes célèbres
Gustave Courbet
Gustave Courbet
Image : wikipedia.org
Gustave Courbet est né le 10 juin 1819. Chef de file incontesté du réalisme en France, il a été la figure clé du mouvement qui a rejeté les écoles romantique et néoclassique alors dominantes en Europe. Il a représenté des paysans et des ouvriers non idéalisés sur des formats monumentaux jusque-là réservés aux sujets religieux ou historiques. Son art dépeignait les enjeux sociaux de son époque. Son chef-d’œuvre le plus célèbre est Un enterrement à Ornans (1850). Parmi ses autres œuvres figurent L’Origine du monde (1866) et L’Atelier du peintre (1855).
Edward Hopper
Edward Hopper
Image : http://fenetrece21.blogspot.com
Edward Hopper est né le 22 juillet 1882. Artiste américain, il se distingue par une action réduite au minimum, presque sans signe de vie ni de mouvement. Il est connu pour ses procédés dramatiques qui suggèrent l’état psychologique de ses sujets. C’est le peintre réaliste américain le plus célèbre. On dit qu’il a brossé le portrait le plus révélateur de l’Amérique du XXe siècle. Son chef-d’œuvre, Nighthawks (1942), est l’un des tableaux les plus reconnaissables de l’art américain. Parmi ses autres œuvres célèbres figurent Automat (1927) et New York Movie (1939).
Adolph von Menzel
Adolph von Menzel
Image : https://www.stadtmuseum.de
Il est né le 8 décembre 1815. Artiste allemand, il est surtout connu pour ses scènes de la vie de Frédéric le Grand. Il a représenté le monarque comme un homme à la fois haï et admiré. Ses œuvres font preuve d’un souci du détail et d’une précision étonnants. C’était un dessinateur habile. Son chef-d’œuvre est Le Laminoir (Eisenwalzwerk), de 1875. Parmi ses autres œuvres figurent La Chambre au balcon (1845) et Le Concert de flûte de Frédéric le Grand à Sanssouci (1852).
Thomas Eakins
Thomas Eakins
Image : wikimedia.org
Artiste américain, il est né le 25 juillet 1844. Peintre, photographe, sculpteur et professeur de beaux-arts, Thomas Eakins a reçu peu de reconnaissance de son vivant. Eakins a su faire ressortir l’individualité de ses modèles et a créé des œuvres aujourd’hui considérées comme des chefs-d’œuvre du portrait. Son œuvre la plus célèbre est La Clinique Gross. Parmi ses autres œuvres figurent La Clinique Agnew (1889) et Max Schmitt en skiff (1871).
Honoré Daumier
Honoré Daumier
Image : he.wikipedia.org
Honoré Daumier est né le 26 février 1808. Il a été l’une des figures de proue du mouvement réaliste en France. Peintre, sculpteur et graveur de renom, il est surtout connu pour ses caricatures de la vie sociopolitique française du XIXe siècle. Il a fait la satire des représentants du gouvernement et des mœurs de la bourgeoisie, tout en trouvant des héros dans la classe ouvrière. Il a même été emprisonné pendant six mois pour avoir présenté le roi Louis-Philippe Ier et son régime sous un jour défavorable. Parmi ses œuvres réalistes, qui mettent en lumière les écarts socioéconomiques dans une France nouvellement modernisée, figurent trois tableaux qui illustrent l’expérience du train moderne en voitures de première, de deuxième et de troisième classe. Son chef-d’œuvre est Rue Transnonain (1834). Parmi ses autres œuvres figurent Gargantua (1831) et Les Gens de justice (1840).
Winslow Homer
Winslow Homer
Image : wikipedia.org
Winslow Homer, né le 24 février 1836, était un Américain en grande partie autodidacte. Dans les années 1870, il a peint de nombreux tableaux représentant des scènes rurales de jeunes gens, d’enfants et de la vie à la ferme. Ses œuvres les plus célèbres sont de grandes marines, qui montrent souvent la lutte dramatique de l’être humain contre la nature. Le réalisme de Homer était objectif, fidèle à la nature et émotionnellement maîtrisé. Son chef-d’œuvre est The Gulf Stream (1899). Parmi ses autres œuvres figurent Snap the Whip (1872) et Eight Bells (1886).
Et il y en a bien d’autres. Les artistes de demain peuvent s’inspirer de ces réalistes pour que l’art demeure unique et de grande qualité.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que le réalisme en art ?
C’est la volonté de représenter un sujet avec fidélité, sans conventions artistiques ni éléments invraisemblables, exotiques ou surnaturels. On l’appelle parfois naturalisme.
Qui est considéré comme le père du réalisme ?
Au théâtre, le dramaturge Henrik Ibsen est considéré comme le père du réalisme. En peinture, Gustave Courbet est présenté comme le chef de file incontesté du mouvement réaliste français.
Quelles sont les caractéristiques de l’art réaliste ?
Une représentation précise, détaillée et exacte de l’apparence des lieux et des objets, d’une précision presque photographique. Comme mouvement, le réalisme se définit toutefois surtout par le choix et le traitement du sujet.
Quels sont les artistes réalistes les plus célèbres ?
Gustave Courbet, Honoré Daumier, Adolph von Menzel, Edward Hopper, Thomas Eakins et Winslow Homer figurent parmi les grands noms du réalisme.
Qu’est-ce que le réalisme illusionniste ?
C’est la recherche d’une représentation toujours plus exacte de l’apparence visuelle : anatomie, perspective, effets de distance, de lumière et de couleur. On la retrouve dès le Paléolithique supérieur, puis dans l’art égyptien, grec et romain.