Manson²
2015 589 views
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Details
- Category
- Digital art
- Dimensions
- 40 × 40 in
- Year
- 2015
- Edition
- Unique piece
- Framed
- No
- Signed
- Yes
"S'ils ne sont pas toujours beaux, les hommes voués au mal possèdent les vertus viriles." (Jean Genet) La personnalité complexe des tueurs en série a toujours fasciné. Romans, films, télévision, certains sont aujourd'hui portés au rang de "héros", comme supérieurs au commun des mortels. Sans doute nous renvoient-ils à nos propres fantasmes et nos propres douleurs : comment ne pas envier la part d'eux qui semble n'avoir aucune pitié, ne pas souffrir et être au dessus des lois? Cette série propose de se souvenir de celles et ceux qui sont morts sous les coups de ces êtres humains pas tout à fait comme les autres. Chaque portrait présenté est composé de 10 000 reproductions des visages de leurs victimes, souvent reléguées au second plan médiatique. Ces "Killers" portent un bandeau rouge sang sur les yeux. Translucide, il semble imposer aux auteurs de ces crimes de faire face à leurs actes. Un mur du souvenir.
Photographe et plasticien, par mon travail je cherche à questionner sur l’identité, la célébrité, les apparences, et la place du réel dans un monde où l’image et le marketing sont rois, même après la mort. Je puise ma matière première dans des fragments de la vie réelle, visages, couvertures de magazines, films, images provenant d’internet, que je projette sur un mur de mon atelier, et que je photographie sous divers angles afin symboliquement d’en capter l’énergie à la façon des voleurs d’âmes. Imparfaits comme l’humain, déformés selon l’angle de prise de vue, plus ou moins intenses selon l’exposition, j’utilise ces centaines de clichés que j’appelle mes «fantômes mélancoliques», comme autant de pixels que j’assemble en mosaique pour recréer l’image finale, généralement inspirée d’oeuvres et symboles mythiques et médiatiques. Par ce biais imposant une double lecture, j’invite le «lecteur» au mouvement et à l’introspection. Si l’image globale et superficielle s’observe à distance comme on survole parfois sa propre vie, le sens profond se conçoit au fur et à mesure qu’on s’y attarde, que l’on s’en approche, jusqu’à «toucher» la vérité. Chaque oeuvre peut ainsi se concevoir comme une mise en lumière de la dualité de l’humain, entre image et réalité, entre consomation passive et quête de la vérité.







