Vision d'Ivresse, Funiculaire de Montmartre, Paris 18ème
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Caractéristiques
- Catégorie
- Peinture
- Médium
- Huile
- Édition
- Pièce unique
- Encadrée
- Non
- Signée
- Oui
Originaire d’un pays caractérisé par ses plaines et ses montagnes – la Bulgarie – le peintre Boré Ivanoff pourrait être défini de prime abord comme un artiste « réaliste », selon la théorie littéraire du XIXème siècle transposée aux arts visuels. Il fait du quotidien de la vi(ll)e un motif pictural. Après de nombreux voyages, il s’installe à Paris au début des années 2000 afin de cultiver sa passion pour les architectures urbaines ; il conçoit une série de peintures rendant hommage aux scintillements de la ville-lumière. Attentif aux miroitements de chaque rayon de soleil sur les façades, il s’emploie à capter le caractère changeant de la ville, à la manière dont il voudrait rendre compte de la singularité des traits d’une personne. Il crée des « portraits » du treizième arrondissement puis investit l’ensemble de la capitale. Il s’associe à la photographe Marie Bouquet ; chacun compose « une moitié » du diptyque. Ce nouveau protocole scelle une rencontre entre deux techniques. La photographie initiale est une langue qu’il interprète – à la manière d’un traducteur – avec ses pinceaux. Le paysage peint d’après la photo n’est : ni tout à fait le même, ni tout à fait un autre. Sa technique restitue la sensation et l’esprit des lieux choisis pour leur caractère « sublime », à la fois beaux et inquiétants. La touche est subtile ; l’image inversée transfigure le réel à force de passer du filtre oculaire à la lentille de l’appareil-photo jusqu’au regard sensible du peintre. Boré Ivanoff s’empare d’une histoire. Ses oeuvres partent à la découverte de la généalogie des êtres ayant demeuré en ces lieux. Classiques ? Romantiques ? Assurément, elles s’inscrivent davantage dans une démarche naturaliste où le corps et son imprégnation dans l’espace jouent un rôle dans la restitution de ces paysages urbains. À moins qu’elles ne découlent d’un réalisme magique, ce courant inventé pour décrire l’irruption de l’imaginaire dans une scène aux apparences lisses ? Les contes slaves évoquent l’existence d’une créature – Baba Yaga – dont on ne pourrait pénétrer le monde qu’en traversant un miroir. Avec cette série de peintures réfléchissantes, Boré Ivanoff invente de nouvelles légendes. Veut-il vérifier avec tous ses miroirs que la symétrie n’existerait pas plus dans la ville que dans la nature, à l’instar des peintres qui, depuis l’Antiquité, s’assurent que les proportions sont justes et fidèles à la réalité ? Avec ces reflets, vitrines, jeux de transparence, perspectives vertigineuses, miroitements et effets de mouvances aquatiques, Boré Ivanoff emprunte les lois d’un académisme pictural pour mieux le subvertir… Muriel Berthou Crestey






